L’Institut de l’Éveil Sensoriel veut initier le public aux façons de goûter et au retentissement culturel que cela implique. Moyen de communication de base pour l’enfant, à l’origine de son développement sensible et intellectuel, le goût demeure un facteur primordial de formation culturelle pour l’homme, de tout temps, en tout pays. Le goût est un initiateur de culture et de convivialité. Il est le reflet des cultures. Il est la mémoire des régions. Il est au service des sens.
L’Institut de l’Éveil Sensoriel est un centre de référence, de réflexion, d’apprentissage et de formation, attaché à mettre en valeur les composantes du goût, tant physiologiques et psychiques que socio-économiques.
Depuis 1992, L’Institut de l’Éveil Sensoriel se conforme aux enseignements de l’Institut du Goût, créé en 1974 en France par Monsieur Jacques Puisais.
LE GOÛT
La Sensorialité dans tous ses états
Le goût émane de la Gastronomie qui selon la définition du dictionnaire est « l’acte de faire bonne chère », en conséquence des savoirs boire et manger.
De ce fait, le goût au travers de cet art place l’homme dans une globalité quotidienne dont le palpable conduit à l’impalpable, le poulet goûté puis avalé conduit à un immatériel se traduisant par plaisir ou déplaisir ressenti.
Mais pour apprécier les choses, il faut être « branché », c'est-à-dire que l’homme va se brancher sur l’instant où il s’alimente, éloignant les sources de « pollution », tels le bruit, les conversations sur la politique, la religion ou les affaires…..qui vont brouiller la réception de l’émission de l’émetteur.
Il faut avoir faim pour recevoir sinon comment apprécier le message des 4 saveurs et autres stimulations.
Il faut aussi que l’environnement soit adapté à l’instant, qu’il soit humain pour favoriser le partage et que le décor soit accordé avec les mets et les vins proposés et tout simplement prendre le temps de ne pas avaler « tout rond » comme on le dit familièrement. Donnez de son temps au temps.
Ceci est valable pour le « goûteur récepteur » que nous sommes mais encore faut-il que « l’émetteur- aliment » ait quelque chose à transmettre, à confier, il faut qu’il soit porteur de sensorialité authentique ce qui lui donne un sens avec une histoire, une notoriété, les aliments ou les boissons muets ou travestis n’ayant aucune espérance de vie sensorielle donc sociale et culturelle.
Si ce que nous mangeons s’arrête aux seules conséquences de nourrir et d’hydrater notre corps, il n’y a pas de sensorialité, donc, le Goût est le grand absent. Nous demeurons vides, nous nous robotisons, l’homme devient une machine à ingérer, satisfaisant seulement sa satiété physique, porte ouverte aux excès qui malheureusement peuvent l’entraîner vers l’obésité.
La Gastronomie se vit sensoriellement, ce qui explique sa nature immatérielle c'est-à-dire qu’elle utilise tous nos sens, s’agit-il d’une simple tartine de pain ou d’un plat amoureusement préparé et cette sensorialité ne peut être présente si l’émetteur est muet ou sophistiqué.
Face à l’acte de faire bonne chère, trois aspects sont solidaires et complémentaires :
- L’homme est UN-UNIQUE face aux éléments solides ou liquides qu’il va porter à sa bouche pour s’alimenter
- Ses sensations sont poly-sensorielles, instantanées et éphémères
- La situation est trinitaire
Le fait d’analyser le paysage sensoriel motive nos activités sensorielles et nous place dans la position de Goûteur engagé.
L’action de goûter, d’utiliser nos propres sens, de construire notre propre mémoire « alimentaire » permet de devenir sensoriellement non dépendant.
Ainsi l’homme branché :
- écoute, et apprend à entendre
- regarde, et apprend à voir
- touche, et apprend à palper
- sent, et apprend à flairer
- mange, et apprend à goûter
« N’oublies jamais qu’avaler sans goûter n’est que ruine du palais »
Jacques PUISAIS






















